Sous l’objectif de Samuel Cueto

Peu après sa première exposition à la galerie Argentic, j’ai eu le plaisir de rencontrer le photographe Samuel Cueto autour d’un café pour parler de son travail. Retour sur son parcours atypique.

Samuel commence la photographie après avoir côtoyé le monde du rap et de la boxe. C’est en autodidacte qu’il se lance dans la prise de clichés, d’abord de ses proches, de son entourage puis des portraits de femmes dans la rue. C’est très rapidement qu’il privilégie l’argentique au détriment du numérique qui, selon lui, propose des « images trop plates, sans relief ». Un outil authentique, tout comme le sont ses portraits.

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Sa première exposition retrace son immersion dans les ghettos thaïlandais de Bangkok à Phuket, en passant par Pattaya. Il la baptise « City of Smile », hommage au surnom que les Thaïlandais donnent à leur pays « le pays du sourire » ; un petit clin d’œil ironique à ses modèles qui ne sourient jamais. Loin de l’image touristique que nous en avons, Samuel met à nu, sans aucun jugement moral et sans aucun filtre, une des réalités thaïlandaises. Il immortalise le quotidien de ces hommes et femmes, qu’il appelle « des débrouillards », aux passés tortueux qui jonglent entre la drogue, la prostitution et le crime pour s’en sortir.

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Son travail est majoritairement en noir et blanc ce qui n’est pas sans effet sur ses portraits. Tout se voit intensifier : les détails, les expressions, les regards. On se plonge alors dans des clichés puissants qui parlent d’eux même.

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Ces photos exposent le paradoxe thaïlandais, des gens « qui disent oui avec la tête et non avec le cœur ». On s’étonne du contraste entre tatouage, armes et bijoux religieux. Et on apprécie la palette d’émotions que les photographies nous font ressentir. Parfois authentique et trash, une certaine douceur, semblant détonner dans cet univers assez dur, se dégage également. Le photographe tisse des liens avec chacun de ses modèles qui se livrent sans complexe derrière l’objectif du photographe, qui propose ainsi une histoire pour chacune de ces photos.

Jade Mann

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