Yves Saint Laurent et son Asie rêvée à Paris

L’Asie rêvée d’Yves Saint Laurent s’expose au 5 rue Marceau, ancien studio de l’enseigne devenu musée depuis 2017. Première exposition temporaire et thématique du Musée Yves Saint Laurent Paris. L’exposition se découpe (ou divise) en 4 grands thèmes : l’Inde, la Chine, le Japon et Opium, mettant ainsi l’accent sur la passion de Saint Laurent pour l’Asie. Il a, en effet, et ce durant toute sa vie, collectionné des oeuvres d’art de ces régions avec son partenaire Pierre Bergé. Ces cinquante oeuvres exposées rendent compte de son implications pour ces collections, du travail de toute une vie et de l’évolution de sa pensée et des inspirations au fil des années et des livres lu. Il dira : Il me suffit d’un livre d’images pour que mon esprit se fonde dans un lieu, ou un paysage […] Je n’éprouve aucun besoin de m’y rendre. J’en ai tellement rêvé… »

Il donne, grâce à ces « voyages imaginaires », des teintes d’exotisme à ses collections tout au long de sa vie. L’artiste ne fait pas que suivre les codes des vêtements, il les dépasse, les modernise, les sublime (pas de s au verbe). Il fantasme des personnages vivant dans ce monde teinté, des témoins de la puissance de son imagination.

« J’ai abordé tous les pays par le rêve. » – Yves Saint Laurent

L’Inde

Il commence par l’Inde et finit par elle. Dès la première collection Printemps – Été en 1962, il réinterprète les manteaux des souverains et les costumes princiers. Pour sa dernière collection en 2002, il revisite le sari tissé dans les plus fines mousselines. Il a toujours été admiratif de ces costumes traditionnels qui donnent la liberté de mouvement à la femme. Durant cette période, il développe un goût très prononcé pour les boutons bijoux, les soieries brodées d’or et les turbans surmonté de pierres précieuses.

Robe de soir, collection SAINT LAURENT rive gauche automne-hiver 1991 © Musée Yves Saint Laurent Paris  Photographie : Sophie Carre

La Chine

Il ne se déplacera jamais en Chine.
« Je n’éprouve aucun besoin de m’y rendre. J’en ai tellement rêvé… » Yves Saint Laurent
Il ne garde des vêtements de la Chine Impériale que la coupe droite, le volume et les manches larges. Par cette démarche, il tente de percer le mystère de la Cité Impériale en produisant des effets esthétiques sans rendre l’effet historique. Les motifs floraux reviennent, colorés et vifs et il fait se rencontrer les tenues de haute couture et les motifs de la culture chinoise comme le dragon.
Ensemble du soir, collection haute couture automne-hiver 1977 © Musée Yves Saint Laurent Paris
Photographie : Sophie Carre

Le Japon

Très tôt fasciné par le Japon, ce fut pour lui plus qu’une inspiration, mais un point de départ pour la création. Le couturier va revisiter le Kimono dont il conserve les lignes et la fluidité. Par l’allure, il rend hommage aux courtisanes qui déambulent dans les rue de Kyoto. La dernière pièce de l’exposition est une veste brodée aux motifs d’iris réalisée en 1988. Cette veste montre tout le savoir faire d’Yves Saint Laurent et sa constante volonté de dépasser l’histoire et ses prédécesseurs. Cette veste reprend les codes des toiles impressionnistes avec comme pinceau du fils et une aiguille.  

Ensemble de soir, collection haute couture 1994 © Musée Yves Saint Laurent Paris
Photographie : Sophie Carre

Opium

Opium est le parfum qui propulse la maison en octobre 1977. Il décide et s’occupe de tout, du coffret, à l’essence, jusqu’au communiqué de presse. Il dessine, valide chaque étape du processus, ne laissant aucune place aux doutes. La campagne publicitaire est photographiée par Helmut Newton et percute le public. Ce n’est pas l’Opium des bas fond, c’est l’Opium de Baudelaire. Celle qui élève l’esprit.

« Si j’ai choisi Opium comme nom pour ce parfum, c’est que j’ai espéré intensément qu’il pouvait, à travers toutes ses puissances incandescentes, libérer les fluides divins, les ondes magnétiques, les accroche-cœurs et les charmes de la séduction qui font naître l’amour fou, le coup de foudre, l’extase fatale lorsqu’un homme et une femme se regardent pour la première fois. » Yves Saint Laurent

Section Opium ©Yves Saint Laurent
Photographie : Thierry Ollivier

 

Yves Saint Laurent a rêvé l’Asie toute sa vie. Sans ne s’être jamais réellement déplacer dans ces contrés il parvient à nous faire voyager à travers le temps et les coutumes. Eternel insatisfait, il passera sa vie à essayer de dépasser ces influences et à contrôler le moindre détails. 

Accès

Du 02 octobre 2018 au 27 janvier 2019

Musée Yves Saint Laurent Paris – 5 avenue Marceau, 75116 Paris – France

Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h (dernière entrée à 17h15). Nocturne le vendredi jusqu’à 21h (dernière entrée à 20h15).

1 thought on “Yves Saint Laurent et son Asie rêvée à Paris

  • J’aimerais bien visiter le musée Yves Saint Laurent :) Il faut absolument que j’y aille un jour ! Peut-être à l’occasion de cette exposition temporaire, qui a vraiment l’air d’être très intéressante. Surtout que je suis une grande passionnée de mode !
    Bisous.

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