La foule sauvage au défilé Koché.

The last one of the day, Hallelujah ! Je suis épuisée, j’ai couru dans tout Paris, ai fait la causette avec trop de gens que je ne connaissais pas et beaucoup, beaucoup trop de queues pour la journée ! Je vais voir quoi déjà ?
Ah oui Koché, nouvelle créatrice, 35 ans, premier Show à la fashion week. Je croise les doigts pour que ce ne soit pas chiant comme le dernier là, à 16 heures. C’est sympa la fashion week quand même, ça me permet de penser du mal des gens. C’est drôle et triste à la fois.

L’obligation morale d’y aller, d’être présente, d’assister à ce show, d’être à cet endroit où je ne souhaite pas être. Je préférerais être dans mon lit, sous ma couette, après la journée que j’ai passée. Je suis fatiguée et affolée. Je ne suis même pas sûre de rentrer. Suis – je vraiment sur la liste des invités ? J’ai un devoir, un engagement, je ne peux pas y échapper. Mes jambes ne me portent plus, je suis sur le point de m’écrouler. Combien de temps aie – je attendu déjà avant le début du show ? 1 heure ? 2 heures ? Quelle importance, maintenant que je suis là je n’ai plus qu’à sourire. Je ne peux pas m’asseoir, nous sommes tous debout comme des pantins, fatigués par nos journées, à se regarder en chien de faïence. Mais “grands dieux” que fais – je donc la, seule qui plus est ? ! Qu’est ce que c’est que cette foule ? Et puis… Comment ça pas de place assise ? C’est une blague ? Je veux bien être gentille mais c’est tout de même un défilé ! Je cherche un responsable.

“Bonsoir, je ne voudrais pas être désagréable mais où est-ce que je m’assoie ? ”
“Bonsoir Mademoiselle, marmonne la responsable, c’est justement le principe, il n’y a pas de place assise, mettez-vous là où bon vous semble !”

En gros, quand on est petite comme moi, on ne voit rien. OK, merci, sympa les gars. Je me retire la mine déconfite. Je me sens mal à l’aise, désemparée. J’ai froid, j’aurai dû prendre un pull. J’ai l’impression d’étouffer. Je me glisse non sans mal entre les jambes des passants pour avoir le meilleur angle de vision. Je joue des coudes, pousse les enfants, marche sur des pieds, frôle la catastrophe lorsqu’en me relevant je viens heurter par mégarde une racaille de Châtelet – Les Halles, spécimen bien particulier de Paris : jogging Nike et casquette Louis Vuitton. Il se tient là, au milieu de ces gens (beaucoup trop bien habillé pour ne pas se faire remarquer), ahuri. Le pauvre il a l’air de s’être perdu.
Tout son terrain de jeu a été chamboulé ! Pauvre chaton ! Ou alors il ne sait pas qui racketter, trop de sacs de marques réunis pendant le même espace-temps ! C’est ça ! Il ne sait plus où donner de la tête voilà tout. Les vieilles dames s’arrêtent horrifiées par les looks déjantés de la fashion week et notre troupeau de bêtes folles. Nous ressemblons aux moutons de Woolmark tiens… !

SPOTTED A CHATELET LES HALLES : LA MOMIE DE NEFERTITI DÉFRAÎCHIE !

Les dents en or, les ongles peinturlurés, vêtue de python, les cheveux noirs très longs, je me recule d’un pas et j’hurle presque.
Sinon il y a toutes ces bonnes femmes avec leurs lunettes de soleil. Je précise qu’il est 21 heures, qu’il fait nuit et on est à l’intérieur des Halles, je me demande ce qu’elles peuvent bien voir du show avec leurs vitres teintées sur le bout du nez.

« Et c’est party pour le show », les mannequins vont trop vite, je ne vois rien, je manque d’engueuler le grand dadais à côté de moi qui mord sur la ligne, et me bouche la vision. « Hé déjà que tu es grand tu ne voudrais pas être mignon et aller dans le fond… nounouille » Mais bon il est mignon, au pire vu que je ne vois rien je pourrais toujours le regarder lui. Les mannequins défilent avec leurs tenues « street », elles semblent tristes, je n’arrête pas de penser à ces autres autour de moi. Que pensent-ils de moi ? Premier Look, deuxième look, dixième, mince, j’ai perdu le compte, on en est à combien déjà ? Ce n’est pas si mal, c’est jeune et ça respire la jeunesse et la rue. Ça fait un peu défiler d’un atelier créatif de quartier, en fait. « So Do It Yourself 2014 ». La foule est trop dense, je ne la supporte pas. Je dois m’en aller maintenant ! Je cours vers la sortie, je monte les marches quatre à quatre en bousculant les passants, je dépasse l’arche des Halles, j’allume ma cigarette, je respire enfin !

 

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