Jean Paul Gaultier : de la rue au musée.

 

« Je crois qu’aujourd’hui, la façon dont on s’habille est une forme d’expression artistique. Saint Laurent,
par exemple, a fait du grand art.
L’art réside dans la façon de composer la tenue entière.
Prenez Jean Paul Gaultier. Ce qu’il fait est vraiment de l’art. »
– Andy Warhol

Exposition Jean Paul Gaultier au Grand Palais (1 avril au 3 août 2015)

Exposition Jean Paul Gaultier au Grand Palais (1 avril au 3 août 2015)

Dessiner et composer des vêtements est un acte créatif faisant des couturiers des artisans au service de l’esthétique. Il n’est donc pas étonnant de voir la mode s’exposer dans les musées, se mettant en scène comme de véritables œuvres d’art. De nombreuses expositions fleurissent alors dans les musées. En avril 2015 s’ouvrait au Grand Palais la première exposition consacrée à Jean Paul Gaultier, l’ « enfant terrible de la mode », bien plus qu’une simple rétrospective. A l’image des créations du couturier, il a conçu cette exposition comme une œuvre à part entière.

Haute couture, prêt-à-porter, documents d’archive révélés pour la première fois, croquis, costumes de scène, extraits de films, défilés, concerts, spectacles de danse, … Tout autant de preuves de l’originalité de son travail mais également de ses nombreuses collaborations artistiques. Et c’est avec délectation que l’on se replonge dans l’univers Gaultier.

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Robe « marinière », collection printemps-été 2000

Né à Arcueil en 1952, il s’émerveille du monde de la haute couture parisienne en découvrant le film Falbalas (1944) de Jacques Becker. Autodidacte, il puise son originalité dans la rue. Il devient alors acteur d’une révolution cultuelle et sociale en réinterprétant de nombreuses références. Ses vêtements sont à la croisée de deux mondes, le parisien et le londonien, la classe et l’anticonformisme, revendiquant ainsi le droit à la différence. On comprend mieux ses collaborations avec la chanteuse Lady Gaga ou encore la création que lui a inspiré Conchita Wurst

Jean Paul Gaultier, c’est également des classiques, des « mythes fondateurs » de ses collections. La marinière et la figure du marin, entre virilité et connotation sexuelles, seront l’un des emblèmes de l’univers Gaultier, inspirant le design des flacons ainsi que les publicités de sa ligne de parfum. Ce vêtement aux rayures, que le couturier affectionne particulièrement, sera d’ailleurs décliné sous plusieurs aspects : en plumes, en perles ou encore tatoués.

Emil Larsson Madonna 1990 Body corset de la Blond Ambition World Tour

Emil Larsson Madonna 1990 Body corset de la Blond Ambition World Tour

De la célèbre marinière au robes et combinaisons-corsets de la collection le Dadaïsme de 1983, en passant par les nombreux costumes de scène réalisés pour des artistes tels que Madonna ou Mylène Farmer, Jean Paul Gaultier propose un monde de folie et d’impertinence. En proposant, en 1994, sa collection unisexe sportswear, à prix très modéré, le couturier bouscule les codes sociologiques et esthétiques établis.

Pourtant, rien dans ses débuts ne le prédestinait à un tel succès. Sa première collection de prêt-à-porter femme (printemps-été 1977) ne rencontre pas un succès médiatique et commercial immédiat. Les perfectos en cuir sur de longs tutus en tulle passent inaperçus. Sa collection Grease de 1978 ne décolle pas et la marque Jean Paul Gaultier risque de tomber à l’eau faute de moyens financiers. Cependant, les fondements de son succès sont bien au rendez-vous. Son goût pour le mélange des genres, remettant en cause les clichés vestimentaires des sexes, sera la clef de voûte de ses créations.

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Le fameux look biker/tutu (photo AFP)

C’est grâce à sa ligne pour la maison japonaise Kashiyama que le couturier prend son envol. Il continue à se démarquer des autres créateurs, notamment en s’affranchissant des canons esthétiques. Gaultier, ce créateur « non conforme » cherche «  des mannequins atypiques, gueules cassées ne pas s’abstenir », tel qu’il l’annonce dans Libération au début des années 80. Il n’aura de cesse que d’explorer le thème de l’androgynie et de la mixité comme en témoigne sa collection Et Dieu créa l’Homme (1994) dans laquelle ses messieurs sont habillés de jupes.

Le 3 octobre 2006, Jean Paul Gaultier célébrait les 30 ans de la maison avec un défilé rétrospectif dont le célèbre look bicker/tutu auquel personne n’a voulu croire.

Jade

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