« Je suis couturier », exposition hommage à Azzedine Alaïa

Courtesy Azzedine Alaïa
C’est dans l’atelier et galerie d’art d’Azzedine Alaïa que s’exposent les créations du couturier disparu le 18 novembre 2017. Sous la verrière qui accueillait ses défilés sont présentées 41 des robes les plus emblématiques de sa carrière, chacune sélectionnée par Olivier Saillard, ancien directeur du Palais Galliera (maintenant directeur artistique de la maison française J.W. Weston).

Des vêtements, Alaïa disait aimer :

« ceux qui restent beaux et éternels, ceux qui ne sont pas perturbés par des détails, des ornements ou des couleurs qui les vieillissent prématurément. Ceux qui sont les plus simples et les plus difficiles à réaliser ! »

En orchestrant cette exposition, Olivier Saillard rend honneur à cette citation d’Alaïa.
Il présente 41 robes ; des intemporelles réalisées par le couturier entre 1981 à 2017. L’absence de cartel identifiant la collection est presque une invitation à deviner l’année de réalisation. Un défi presqu’impossible.

La conception de l’exposition met à l’honneur la personnalité créatrice d’Alaïa. Sa maîtrise de la coupe, de l’ajustement et ses choix des formes et matériaux innovants sont tout autant de qualités que l’on peut observer au plus près durant le parcours. Aucune vitre n’entrave la relation entre le visiteur et la création. On serait presque tenté de toucher les textiles. Chaque modèle est déposé sur un buste transparent, découpé pour épouser parfaitement le vêtement, se rendant ainsi invisible et donnant le sentiment que la robe flotte.

Crédit photo : Andrea & Valentina

Alaïa est, selon moi, l’un des grands génies créateurs de sa génération. Mêlant technique et originalité, il propose des pièces épousant les courbes féminines à la perfection. Le vêtement n’est jamais étouffé par le détail, jamais trop simple non plus. Si la palette de couleurs est souvent limitée, c’est dans le choix des textiles que s’exprime le talent du couturier. Organza, mousseline, coton ou cuir, tout autant d’étoffes qu’il entremêle pour une réelle mise en relief de ses robes, nous donnant ainsi l’impression de contempler une sculpture à la coupe parfaite. On regrette l’absence de miroirs dans les niches accueillant les robes, empêchant ainsi la contemplation intégrale de celles-ci.

Si l’on ressort de l’exposition émerveillé par le travail d’Alaïa, on est toutefois un peu lésé de ne pas en voir plus. Des croquis et photos auraient merveilleusement accompagnés les robes. De plus, loin de se présenter comme une exposition pédagogique, aucun texte ou cartel n’accompagne le parcours, si ce n’est les quelques lignes écrites par le scénographe à l’entrée de la verrière. Cette absence de contexte est quelque peu regrettable, donnant ainsi l’impression que cette exposition est réalisée uniquement pour les connaisseurs.

Mais 2018 sera définitivement l’année du couturier puisque, dès mai 2018, ses créations s’inviteront au Design Museum de Londres pour l’exposition Azzedine Alaïa, The Couturier ». On espère vivement que la vie, la manière de travailler et le parcours du couturier seront plus amplement dévoilés.

Jade Mann


« Je suis couturier », expo visible jusqu’au 10 juin
18 rue de la Verrerie (IV arrondissement)
Tous les jours de 11h à 19h
Entrée : 5 euros

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