C comme Couturier : Le Palais Galliera & Azzedine Alaïa

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Le musée de la mode de la ville de Paris a réouvert le 28 septembre, fermé depuis 2009 pour rénovation / restauration. Il présente une exposition importante : Azzadine Alaïa. Mais avant de vous parler de l’exposition, je vais vous présenter le Palais, musée de la mode, Galliera , sa fondatrice, et Azzadine Alaïa.

– Marie Brignole – Sale, duchesse de Galliera –

Il fut commandé par Marie Brignole – Sale, duchesse de Galliera qui naît à Gênes le 5 avril 1811 et est issu d’une famille partricienne (grande famille noble Romaine de l’antiquité). Durant son enfance, son père le marquis Antoine de Brignole-Sale devint ambassadeur de Sardaigne en France auprès du roi Louis-Philippe qui apprécie grandement le diplomate génois. C’est ainsi que Marie est élevée à la cour des Tuileries avec les enfants de Louis-Philippe.
En 1828 elle épouse le marquis Raphaël de Ferrari lui même issus d’une grande famille génoise. En 1837, le couple se porte acquéreur du domaine de Galliera situé sur le Reno en Emilie [Pour la petite histoire : Erigé en duché le 14 mai 1813 par Napoléon Ier pour sa petite fille par adoption, Mademoiselle de Beauharnais, le titre à réintégré les Etats de l’Eglise après 1815. Le pape Grégoire XVI le confère aux époux Ferrari en 183]. Dès lors Marie Brignole-Sale, marquise de Ferrari, choisira, par goût, de se faire appeler exclusivement duchesse de Galliera.Toujours fidèles à leurs racines italiennes, ils achètent en 1861, le domaine de Lucedio et sont faits, dans la même année, prince et princesse de Lucedio par Victor-Emmanuel II de Savoie.
Le 22 novembre 1876, le duc Raphaël décède à Gênes.

Après la mort de son mari, la duchesse se retrouve à la tête d’une immense fortune et décide d’oeuvrer pour des oeuvres de bienfaisance. De plus, à travers toute l’Europe on voit fleurir des musées et galeries, la Duchesse, dans la mouvance de son temps, elle veut aussi, fonder son propre musée. Pour sa collection parisienne (Débutée par ses aïeux dès 1623, la collection d’art de la duchesse de Galliera est très prestigieuse et variée. Des peintures flamandes, espagnoles et italiennes, du mobilier du XVIIIe français, des horloges et des productions issues des manufactures de Sèvre et des Gobelins, etc.), elle décide de faire construire un palais qui servira de musée sur un terrain dont son mari s’était rendu propriétaire.

Suite à des complications politique, Marie Brignole – Sale, duchesse de Galliera, lègue de ses riches collections au Palazzo Rosso à Gênes mais dès son achèvement le palais fût mis à la disposition de la Ville de Paris.
La Duchesse s’éteint le 9 décembre 1888 à l’âge de 77 ans, à Paris.

– Le Palais Galliera –

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Débuté en mai 1879 le palais est achevé en février 1894. Il est réalisé par Paul-René-Léon Ginai.
Le 19 décembre 1895, le sort du musée est fixé : il est inauguré en tant que musée d’Art Industriel.
En 1954, le Palais Galliera ouvre ses salles aux expositions annuelles du Salon des peintres témoins de leur temps.
Puis, outre le Salon, les salles de Galliera sont le théâtre de ventes aux enchères à partir de 1960.
En1977, changeant à la fois de nom et d’adresse, le musée du Costume devient le musée de la Mode et du Costume en s’installant au Palais Galliera.

Le palais est au coeur d’un jardin et présente une esthétique très populaire au XIXe siècle, connue sous l’appellation de « style Beaux- Arts » il a pour inspiration la Renaissance.
Le palais possède une unique entrée qui s’ouvre sur une cour d’honneur pavée et bordée d’un péristyle (est une galerie de colonnes faisant le tour extérieur ou intérieur d’un édifice, en dehors de son mur d’enceinte) en hémicycle d’ordre ionique. La façade sur jardin est, quant à elle, rythmée par trois baies en plein cintre alternant avec des colonnes adossées et baguées.  Le péristyle se prolonge de deux ailes qui surplombent deux escaliers descendant aux terrasses qui précèdent le square. Dans l’espace central on trouve le Grand salon (salon d’honneur) et le petit salon.

 

– Le créateur Azzedine Alaïa  –

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Quelques éléments biographiques :

  • Azzedine Alaïa est né à Tunis, Tunisie.
  • Dans les années 50, à l’insu de son père, Azzedine Alaïa suit les cours de l’École des Beaux-arts de Tunis. Pour financer ses études, il exécute de petits travaux de couture chez une couturière de quartier. Il est ensuite engagé chez Madame Richard, une couturière française qui achète de nombreux patrons haute couture de Paris et les duplique pour une clientèle tunisienne. La mère de son amie Leïla Menchari, aujourd’hui créatrice des vitrines Hermès, incite Azzedine Alaïa à s’installer à Paris.
  • En 1978 Il collabore avec plusieurs maisons de prêt-à-porter en qualité de créateur. Puis en 1981il présente sa première collection à la presse dans son atelier rue de Bellechasse. La presse féminine encense le nouveau créateur.
  • En 1983 Le premier défilé officiel d’Alaïa en France a lieu en octobre, rue de Bellechasse.
  • En 1986 : Azzedine Alaïa accueille et fait défiler pour la première fois Naomi Campbell, alors âgée de seize ans.
  • En 1988 : Ouverture de la première boutique Alaïa à New York, décorée par Julian Schnabel.
  • En 1990 : Création de la robes dites « à bandelettes » ou à « claire-voie » entièrement faites de bandes en rayonne stretch ; robes d’inspiration africaine en raphia et ficelle élasthanne, à franges de coquillages.
  • En 1996 : Première rétrospective du couturier au Palazzo Corsini à Florence. À l’occasion du centenaire de Louis Vuitton, Azzedine Alaïa crée une série d’accessoires, dont un sac qui marie la fausse panthère au cuir monogrammé.
  • En 1997 : Exposition « Alaïa » au Groninger Museum (7 décembre 1997-8 mars 1998, Groningen, Pays-Bas) dans laquelle les robes du couturier dialoguent avec des œuvres de Pablo Picasso, Julian Schnabel, Anselm Kiefer, Andy Warhol ou César.
  • En 2007 : Azzedine Alaia s’associe avec le groupe Richemont.
  • En 2013 : Alaïa réalise les costumes du ballet Les Nuits, d’Angelin Preljocaj, créé au Festival Montpellier Danse. Il crée également les costumes de l’opéra Les Noces de Figaro, mis en scène par Christopher Alden au Los Angeles Philharmonic. Exposition « Azzedine Alaïa au XXIe siècle » au NRW-Forum de Düsseldorf (8 juin- 8 septembre).

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– Citation –

« Une femme est comme une actrice : toujours en scène. Elle doit être belle et se sentir bien… Ses vêtements doivent être une part d’elle, elle doit les sentir sur son corps… Je préfère que les gens remarquent la femme et non ses vêtements. Son visage, son corps, ses mains – les vêtements qu’elle porte doivent l’habiller, mettre en valeur ses qualités et la rendre belle. »

« Je n’ai jamais suivi la mode. Ce sont les femmes qui ont dicté ma conduite. Je n’ai jamais pensé qu’à elles car je suis convaincu qu’elles ont plus de talent que n’importe quel styliste. Il faut connaître l’académie de leur corps pour les devancer dans leurs envies. Au fil des années, j’ai suivi l’enseignement de leur silhouette. L’épaule est essentielle, la taille primordiale. La cambrure des reins et le derrière sont capitaux. La poitrine, on s’en arrange toujours. Le cou, s’il est court, doit être flatté par un col haut et de petites épaulettes. En 1993, j’ai souhaité rompre avec le système imposé des défilés saisonniers pour me concentrer sur des vêtements et non sur l’effet de mode. Je crois pouvoir dire que mes vêtements sont indatables, ils sont faits pour durer. Depuis mon arrivée à Paris à la fin des années 1950, je ne pense pas avoir répondu à d’autres demandes ou d’autres impératifs que ceux des femmes qui m’entouraient et continuent à m’entourer. »

Source : Le site internet du Palais, musée de la mode, Galliera et le dossier de presse de l'exposition Alaïa.

– L’exposition – 

Un immense créateur : une grande exposition. Elle est assez courte dans le sens où elle ne comporte que deux grandes salles et deux petites salles latérales (+ la suite au musée d’art moderne de paris), ce qui m’a beaucoup surprise. En compensation l’adjectif qui la caractérise le plus est intense. Dès l’entrée nous sommes plongés dans une semi obscurité où seules les robes sont éclairées (très photogénique mais les photos ne sont pas autorisées). Tout est fait pour que le spectateur ne regarde que les robes, des pièces uniques d’une qualité de réalisation extrêmement rare.
Les plus belles pièces sont placées dans des niches de le long des murs. Enfin c’est compliqué de dire « les plus belles pièces » puisque tout est absolument splendide.
Cette rétrospective retrace les années d’Alaïa : on trouve beaucoup de styles différents, de pièces différentes qui nous donnent un aperçu de la mode des années 70 jusqu’à nos jours.
C’est une exposition merveilleuse pour toutes celles et ceux qui aime la grande couture et la finesse du détail. Certaines robes sont impressionnantes et inestimables en nombre d’heures passées à incruster, broder et poser le moindre détail. Alaïa n’est pas seulement un grand couturier c’est un homme qui prend soin de suivre toutes les étapes du travail et d’y participer, c’est en cela que son travail est un travail de qualité.

– Tarifs –

Palais Galliera
Plein 8 € / Réduit 6 € / Jeune (14-26 ans) 4 € /
Gratuit pour les enfants jusqu’au 13 ans inclus

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Accès gratuit à la Salle Matisse

 

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